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Photo: Maxime Bhm sur Unsplash
À l’ère des technologies, il est plus facile que jamais de se tourner vers une foule anonyme pour obtenir des solutions… et cela modifie la façon dont les entreprises font des affaires.
Le crowdsourcing : une innovation accélérée
Avez-vous déjà consulté l’évaluation d’un restaurant sur Yelp avant de réserver? Qu’en est-il de rechercher des conseils sur le rôle parental, des recommandations de livres ou des critiques d’hôtels? En fait, combien de décisions prenez-vous réellement sans consulter Google?
Vous le faites, je le fais, la plupart des gens le font – et c’est ça le point. Plus les gens donnent leur opinion, plus nous sommes informés. Ce type de mise en commun de la « sagesse populaire » forme la base de ce que l’on appelle le « crowdsourcing ». Toutefois, le crowdsourcing ne s’appuie pas seulement sur des opinions collectives, il peut aussi être utilisé pour amasser des fonds, collecter des idées et partager de l’expertise.
Compte tenu du nombre croissant de sites de crowdsourcing, on peut dire sans trop se tromper que notre dépendance à l’égard de ressources tangibles, de compétences et de points de vue partagés est là pour rester. En fait, la technologie facilite de plus en plus l’accès à l’information cocréée, c’est-à-dire issue de l’opinion ou du savoir de la masse. Qu’il s’agisse du sociofinancement, de la mobilisation politique ou des groupes de soutien aux parents, le pouvoir de la foule est maintenant un moyen courant de résoudre des problèmes personnels et professionnels.
C’est tout à fait logique, si vous y réfléchissez. Les gens transmettent le savoir depuis des millénaires et, à mesure que le monde se connecte de plus en plus, nous sommes en mesure d’élargir le champ dans lequel nous partageons nos pensées et notre expertise. D’un point de vue professionnel, cela a provoqué une accélération massive de l’innovation, modifiant le mode de fonctionnement et de développement des entreprises. Comme le dit Epi Ludvik (fondateur de Crowdsourcing Week), le crowdsourcing est « une question de participation et de capacité à cocréer via un monde de plus en plus connecté. Cette nouvelle façon de faire (crowdsourcing, sociofinancement, cocréation, collaboration et innovation ouverte) remet en question les modèles d’affaires établis et la façon dont les entreprises travaillent. Elle offre une immense opportunité de repenser et de réinventer les processus conventionnels. »
Soyez entendus, pas rassemblés
Bien sûr, le risque du crowdsourcing est que les points de vue de la majorité soient influencés par ceux de quelques personnes seulement. Souvent, l’opinion d’un membre influent d’un groupe influencera l’opinion des autres, ce qui mènera à ce que l’on appelle la « pensée de groupe » ou « l’effet d’entrainement ».
Pourtant, des recherches récentes ont montré que la sagesse populaire est plus forte qu’on ne le pensait à l’origine – et qu’elle peut même dépasser les préjugés cognitifs tels que la pensée de groupe. Mais, et c’est un grand MAIS, cette même recherche a découvert que le crowdsourcing ne fonctionne que si toutes les voix sont entendues de manière égale, et non si une voix domine les autres.
En effet, des études ont montré que le crowdsourcing fonctionne mieux dans ce que les chercheurs appellent les « réseaux décentralisés », des réseaux dans lesquels les gens peuvent communiquer sur un pied d’égalité entre eux. Contrairement aux réseaux centralisés, où l’exactitude du groupe dépend de l’exactitude de quelques personnes influentes seulement, les chercheurs ont constaté que dans les réseaux décentralisés, l’opinion moyenne est devenue plus exacte après que les participants aient pu formuler leurs propres pensées et les communiquer librement.
Aveugler la foule
Alors, comment faire pour créer des réseaux décentralisés qui permettent un mode de communication à un niveau plus élevé ? Eh bien, une réponse serait d’introduire une plate-forme fonctionnant « à l’aveugle », ou chacune des idées serait évaluée pour leur valeur propre et non en fonction de qui l’exprime, et sur laquelle les utilisateurs pourraient exprimer leurs opinions de manière anonyme, sans risque d’être négligés, discrédités ou biaisés.
En fait, l’autocensure, avec la mentalité de troupeau, sont deux pierres d’achoppement majeures quand il s’agit de crowdsourcing – en particulier le crowdsourcing des opinions. Les participants adaptent souvent leurs contributions afin de maintenir le statu quo, ce qui signifie que les pensées et les idées les plus novatrices peuvent être édulcorées où rester sans voix. L’anonymat est un antidote à cela, provoquant des idées plus constructives.
Dans un article sur la réalisation de sondages auprès des employés, HBR a noté que l’anonymat est la principale préoccupation des employés lorsqu’on leur demande de fournir une rétroaction. Lorsque les employés savent que leur rétroaction demeurera anonyme, ils sont plus susceptibles de présenter une rétroaction honnête et productive… et ils sont également susceptibles de la présenter plus souvent.
De toute évidence, le type d’environnement dans lequel une initiative de crowdsourcing est mise en œuvre est d’une importance fondamentale. C’est particulièrement vrai lorsqu’on considère le rôle vital que joue et continuera de jouer le crowdsourcing dans le monde, un phénomène que Ludvik décrit comme « plus grand qu’un mouvement ». « Dans les décennies à venir », dit Ludvik, « (le crowdsourcing) sera le nouvel ADN de notre société dans le monde numérique et physique. »
Vous voulez en savoir plus sur la façon dont nous pouvons vous aider à jeter les bases du crowdsourcing anonyme ?
Par Kirsten Sokolovski, Sophie Juignier et Philippe Meloni
